Taboo (2017)

Londres, 1814. Horace Delaney est mort, ne laissant derrière lui qu’une compagnie marchande à l’abandon et une fille, Zilpha. Le jour de son enterrement réapparaît son fils James, revenu d’Afrique et prétendu mort depuis des années. Seul héritier désigné par le testament paternel, il décide de remettre à flot l’entreprise familiale. Mais la Compagnie des Indes Orientales, la Couronne britannique et les États-Unis d’Amérique convoitent, pour des raisons politiques, un bout de terre de la côte ouest de l’Amérique du Nord qui lui a été légué : la baie de Nootka.

Dès le générique,  le décor glauque est planté : les corps immergés des personnages sont agités par le courant au rythme d’une berceuse. La photographie sombre, qui alterne entre le bleu du fleuve et le noir de la cendre, est magnifique. Il y a dans l’ambiance visuelle de faux airs de Pirates des Caraïbes : la temporalité (milieu du XVIIIe siècle-début du XIXe siècle), les institutions (la Compagnie des Indes Orientales et la Couronne britannique) et même une partie du casting. Jonathan Pryce (Sir Stuart Strange)  jouait le Gouverneur Swann (on l’a également vu depuis dans Games of Thrones), tandis que Tom Hollander (Docteur George Cholmondeley) interprétait Cutler Beckett dans la franchise de Disney. La comparaison s’arrête pourtant là car Taboo, loin de l’humour de la firme aux grandes oreilles, est bien plus sombre, à tous les niveaux.

Les huit épisodes de 55 minutes nous plongent chacun un peu plus dans ce qui a donné son titre à la série, à savoir les tabous de la société : inceste, cannibalisme, exorcisme, torture, esclavage… Basée sur certains faits réels comme le contentieux autour de la frontière américano-canadienne et les ravages du choléra dans la capitale anglaise, Taboo nous embarque dans un Londres boueux, putride et désespéré : les bords de la Tamise sont souvent souillés de cadavres et chacun a des choses à se reprocher et des secrets inavoués. Dans le rôle de James Keziah Delaney, Tom Hardy n’est plus à présenter et confirme son statut de grand acteur de ces dix dernières années : il est magnétique en homme tourmenté en proie aux visions mystiques. L’acteur est d’autant plus impliqué qu’il est également présent à l’écriture aux côtés de son père et de Steven Knight, à qui on doit déjà le scénario de Peaky Blinders.

La production de Ridley Scott a donc fait ses preuves dans cette première saison qui se clôture avec de nombreuses questions sans réponses et la promesse de belles choses pour la suite, notamment un changement de décor. Les seuls défauts qu’on peut relever sont celui de la surenchère d’effets pour les séquences de visions du anti-héros et l’exploration de thèmes déjà maintes fois abordés en fiction. L’une des séries événement de l’année 2017 a déjà été renouvelée pour une deuxième saison, qui sera tournée courant 2018 et probablement diffusée l’année d’après. Il faudra donc faire preuve de patience.

 

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